Par téléphone

Joueurs Info Service répond
à vos appels 7 jours sur 7

Contactez-nous

Vos questions / nos réponses

Joueurs Info Service répond
à vos questions

Posez votre question

Adresses utiles

Le jeu problématique Télécharger en pdf Imprimer Envoyer à un ami

Les outils d’évaluation du jeu problématique

Pour l’évaluation du jeu pathologique, les professionnels disposent de plusieurs outils. Les plus connus sont ceux du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM IV), de l’Indice canadien du jeu excessif (ICJE) et du South oaks gambling screen (SOGS).
Les critères d’évaluation que l’on retrouve dans ces outils se rapprochent de la définition de l’addiction de Goodman (1990), à savoir la perte de contrôle, la préoccupation récurrente pour l’activité, les efforts répétés pour réduire ou arrêter le comportement.

Le DSM IV

Le DSM IV est un manuel de référence publié par l’Association américaine de psychiatrie. Il catégorise, évalue les troubles mentaux et propose notamment 10 critères de diagnostic et d’évaluation du jeu pathologique. Il définit le jeu pathologique comme « une pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu qui perturbe l’épanouissement personnel, familial ou professionnel ». Si un joueur répond positivement à 5 des 10 critères suivants, on peut alors considérer qu’il  appartient au groupe des joueurs pathologiques.

Les  10 critères* sont :

1- Le joueur est préoccupé par le jeu.

2- Le joueur a besoin de parier des sommes d’argent toujours plus importantes pour atteindre l’état d’excitation désiré.

3- Le joueur fait des efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu.

4- Le joueur éprouve de l’agitation ou de l’irritabilité au moment des tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique du jeu.

5- Le joueur s’adonne au jeu pour échapper à des difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique, qui peut se traduire par des sentiments d’impuissance, de culpabilité, d’anxiété, de dépression.

6- Le joueur, après avoir perdu de l’argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour essayer de recouvrer ses pertes (pour « se refaire »).

7- Le joueur ment à sa famille, à son thérapeute ou à d’autres pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu.

8- Le joueur commet des actes illégaux, tels que falsifications, fraudes, vols ou détournement d’argent pour financer la pratique du jeu.

9- Le joueur met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière à cause du jeu.

10- Le joueur compte sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu.

> Voir en ligne les 10 critères diagnostiques.

L’ICJE

Cet outil d’auto-évaluation a été développé par le Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies. Élaboré à partir d’échantillons de joueurs pathologiques, il s’intéresse plus précisément aux conséquences du jeu. Il définit le jeu pathologique comme un « comportement de jeu qui provoque des conséquences négatives pour le joueur et les autres personnes de son réseau social ou pour la communauté ».

Contrairement au DSM IV, il distingue plusieurs types de joueurs selon des scores établis :  Joueur sans problème (Score 0), Joueur à faible risque (Score 1-2), Joueur à risque modéré (Score 3-7), Joueur excessif (Score supérieur à 8).

Accéder à la version abrégée des neufs questions de l’ICJE, sur le site  du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).

Le SOGS 

Développé par le psychologue Henri Lesieur et le Dr Sheila Blume, ce questionnaire est le plus souvent utilisé dans des études épidémiologiques et cliniques. Il permet de détailler les habitudes et le comportement du joueur à travers les jeux les plus joués, les moyens utilisés pour financer cette activité et ses relations sociales.

L’absence de problème de jeu est notée par un score égal ou inférieur à 2, le jeu à risque par un score de 3 à 4 et le jeu problématique à partir de 5.

Accéder aux questions du test du SOGS, sur le site du Programme Intercantonal du Lutte contre la Dépendance au Jeu.

En pratique, les soignants utilisent ces outils avec précaution et en complément d’autres approches car aucun d’eux ne traduit la réalité de façon parfaitement fiable. Tous permettent une première évaluation de la difficulté du joueur mais chacun comporte des limites. Le DSM IV ne propose aucune demi-mesure entre le joueur non-problématique et le joueur pathologique, or la frontière entre le jeu récréatif et le jeu pathologique n’est pas si claire. Les autres questionnaires, ceux de l’ICJE et du SOGS, définissent une gradation dans les difficultés des joueurs.

Par ailleurs, les résultats obtenus grâce à ces questionnaires sont contestés. Le DSM IV ne permettrait pas de repérer certaines formes de jeu pathologique tandis que le SOGS qualifierait comme pathologiques des joueurs qui ne le sont pas. L’ICJE propose une évaluation plus adaptée des joueurs pathologiques mais semble surévaluer le nombre de joueurs « à risque ».

Bibliographie

OFDT, « Les niveaux de pratiques des jeux de hasard et d’argent en 2010″, in Tendance, n°77, septembre 2010 [en ligne] http://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/eftxjcr9.pdf (Consultée le 06/01/2012)

SUISSA Amnon Jacob, Le jeu compulsif : vérités et mensonges, Ed. Fides, 2005 (306p.)

DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, Paris : Ed. Masson, 1996

INSERM, Jeu de hasard et d’argent : contextes et addictions, Paris, 2008 (479p.)

LADOUCEUR Robert, SYLVAIN Caroline, BOTIN Claude, DOUCET Céline, Le jeu excessif : comprendre et vaincre le gambling, Les Editions de l’Homme, 2000 (260p.)

Retour