Les aides

Les joueurs en difficulté peuvent trouver de l’aide auprès de professionnels. La plupart des lieux qui les accueillent ne traitent pas uniquement des problèmes de jeu mais interviennent dans tout le champ de l’addiction. Ainsi, des personnes en difficulté avec l’alcool ou les drogues peuvent être reçues dans ces mêmes lieux. La majorité des aides proposées se déroulent en ambulatoire, c’est à dire sans hospitalisation.


Les CSAPA ambulatoires

Les Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie, ou CSAPA,  permettent de faire le point avec un professionnel sur les difficultés rencontrées et proposent un accompagnement vers l’arrêt ou la gestion de la pratique du jeu.

Grâce à la pluridisciplinarité des équipes qui y travaillent, le joueur peut bénéficier d’une prise en charge de façon globale, à la fois psychologique, sociale, éducative et médicale. Les centres proposent différents types d’approche : individuelles (éducatives, sociales, psychothérapeutiques etc.), collectives (groupes de parole par exemple) et  familiales.

Après l’arrêt du jeu, ou le retour à un jeu modéré, la personne  peut continuer à être accueillie par les professionnels dans le cadre d’entretiens ou d’ateliers spécifiques visant à consolider son arrêt ou sa pratique modérée.

De plus, les CSAPA proposent un accueil de l’entourage du joueur. Les proches peuvent être reçus de façon ponctuelle ou entamer un suivi régulier. Ce suivi peut prendre la forme d’entretiens individuels avec un professionnel ou de rencontres collectives lors de groupes de parole par exemple.

Les CSAPA accueillent de façon anonyme et gratuite et sont présents dans tous les départements de France.


Les unités hospitalières d’addictologie

Il existe également une prise en charge ambulatoire dans des structures hospitalières. Comme dans les CSAPA, des équipes pluridisciplinaires y proposent un suivi psychologique, socio-éducatif et médical. Ce suivi dure le temps de l’arrêt ou de la stabilisation de la pratique du jeu et peut se poursuivre au-delà  afin d’accompagner la personne dans sa nouvelle existence sans le jeu.

Dans de rares situations, quand le joueur est en grande difficulté, quand il est confronté à d’autres addictions ou à des troubles psychiatriques, une  hospitalisation peut lui être proposée. Le séjour permet de concrétiser l’arrêt du jeu et d’accompagner, au plus près, les personnes les plus vulnérables durant cette phase délicate et les jours ou semaines qui suivent.


Les structures d’hébergement

Peu de joueurs sont à l’heure actuelle accueillis dans les structures d’hébergement au titre de leur addiction au jeu. C’est en tant qu’addiction associée (à l’alcool par exemple) que le jeu est pris en charge dans ce type de structures.

Ce type d’aide repose sur le principe du changement de cadre et parfois sur l’éloignement. Deux types d’hébergement peuvent être proposés : individuel ou collectif.

Les hébergements individuels sont proposés par les CSAPA dit ambulatoires (appartement thérapeutique, chambre d’hôtel, famille d’accueil).

Les hébergements collectifs proposés par les CSAPA avec hébergement (ou centres thérapeutiques résidentiels) s’accompagnent d’activités et de projets thérapeutiques.

Les places d’hébergement sont peu nombreuses et que toutes les demandes ne peuvent être satisfaites. De plus, quand elles le sont, les délais d’attente peuvent être longs.


L’entraide

L’entraide repose sur le principe de l’aide apportée par les pairs. C’est-à-dire que des joueurs ou anciens joueurs se regroupent afin de s’entraider dans l’abstinence ou le jeu modéré. Sur le modèle de groupes tels qu’Alcooliques Anonymes, des réunions ont lieu régulièrement afin d’échanger autour de ses difficultés et partager son expérience. Outre l’aide effective à maintenir l’arrêt, ces groupes permettent de reconstruire un lien social parfois perdu avec l’arrêt de la pratique de jeu. Il existe des groupes pour les joueurs et d’autres pour leur entourage.

À l’heure actuelle, ces groupes sont peu développés en France. Seuls un groupe entourage, GAM-ANON  et un groupe joueurs, « Joueurs Anonymes » [1] se réunissent à Paris. Il existe par ailleurs un site francophone européen.


Des structures spécialisées

Des associations spécialisées dans la question du jeu excessif proposent une aide globale pour les joueurs et /ou leur entourage. C’est le cas de l’association SOS Joueurs qui propose une aide pour les joueurs, à distance ou en présentiel. Ses intervenants sont des professionnels spécialistes de la dépendance au jeu, sous l’angle psychologique, juridique ou social [2]. On peut également citer l’Institut du Jeu Excessif qui propose des actions de formation et un service d’assistance téléphonique pour les joueurs.

Par ailleurs, depuis 2008 il existe le Centre de Référence du Jeu Excessif, placé auprès du Centre Hospitalier Universitaire de Nantes, qui développe une activité de recherche, de formation et d’information sur le jeu excessif. Il s’adresse aux joueurs et aux non joueurs, aux professionnels de la santé et du champ social, ainsi qu’aux opérateurs de jeu privés engagés dans le jeu responsable. En 2010, ce centre a mis en ligne un site d’information et d’assistance en ligne pour les joueurs et leur entourage.


La prise en charge sociale

Toutes les structures qui prennent en charge les joueurs lors de leur arrêt du jeu, prennent en compte la dimension sociale de l’addiction et accompagnent le joueur et son entourage dans les démarches administratives qui s’imposent (procédure de surendettement, protections juridiques ou autre).

Hors du champ de l’addictologie, il existe de nombreuses associations spécialisées dans l’accompagnement des personnes en difficulté sociale et financière. Bien que non spécialisées dans l’accueil des joueurs, leur mission est d’accompagner les personnes ou les ménages surendettés afin de trouver avec eux des issues dans le domaine financier, juridique et social. Parmi celles-là, on peut citer la Chambre Régionale du Surendettement Social (CRESUS), Finance Service, SOS Surendettement, entre autres, mais il est difficile de toutes les repérer tant elles se multiplient à l’heure actuelle. Par ailleurs, ils existent des groupes d’entraide pour les personnes surendettées (Débiteurs anonymes).


Et la prévention ?

Des actions de prévention sont également menées, soit par les CSAPA eux-mêmes, soit par d’autres structures qui interviennent dans le champ de l’éducation à la santé telles que les IREPS (Instance Régionale d’Éducation et de Promotion de la Santé). Les CSAPA assurent généralement l’intervention auprès de divers publics. Les autres lieux  offrent un accès à un centre de documentation et d’information et peuvent proposer un accompagnement au montage de projet de prévention.


[1] Joueurs anonymes  - 01 45 01 95 46 – 72 rue Boissière 75016 Paris
[2] Tél. : 0810 600 115 (prix appel local depuis un fixe)