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Présentation des jeux d'argent et de hasard Télécharger en pdf Imprimer Envoyer à un ami

Quand le gaming devient un jeu d'argent ...

Saviez-vous que certains jeux vidéo, derrière leurs graphismes attrayants et leurs univers immersifs, cachent des mécanismes de jeux d’argent ? Ces jeux, appelés JONUM (Jeux à Objets Numériques Monétisables), bousculent les frontières entre loisir et pari. Ils incitent les joueurs à acheter, échanger ou revendre des objets virtuels : skins, cartes de collection ou encore des compétences pour progresser. La valeur de ces objets dépend de leur rareté, de leur difficulté d’obtention, et surtout, d’une place de marché où ils s’échangent, parfois contre de l’argent réel ou des cryptomonnaies.

Le piège ? La valeur de ces objets peut augmenter ou baisser rapidement (spéculation, hasard), et pour rester dans la course, il faut souvent réinvestir, avec un risque d’addiction souvent sous-estimé.

Pourquoi les JONUM ressemblent-ils à des jeux d’argent ?

Les JONUM reposent sur deux piliers des jeux de hasard :

  • Le hasard : l’obtention d’un objet rare ou précieux dépend souvent de la chance (tirages aléatoires, lootboxes…)
  • La mise financière : pour acquérir ces objets, il faut payer — que ce soit directement ou indirectement (achats intégrés, abonnements…)

Mais contrairement aux jeux d’argent traditionnels, les JONUM ne versent pas d’argent. À la place, ils offrent des récompenses virtuelles :

  • NFT (Non-Fungible Tokens ou jetons numériques uniques), qui sont des objets numériques qui peuvent être revendus. Dans le jeu de fantaisie sportive Sorare, on peut par exemple acquérir des cartes de footballeurs virtuelles dont la valeur fluctue en fonction de leur rareté mais aussi de la performance des footballeurs sur le terrain
  • Goodies
  • Accès à des événements exclusifs

Pourtant, la possibilité de gagner de l’argent en revendant ces objets sur des plateformes externes en fait bel et bien un jeu spéculatif.

De quoi parle-t-on exactement ?

Lootbox (coffre à butin) : c’est un mécanisme de jeu dans lequel un joueur peut acheter ou obtenir (via des récompenses, des quêtes, ou des événements) une boîte virtuelle contenant des objets aléatoires (skins, armes, personnages, cosmétiques, etc.). Le contenu de la boîte est inconnu à l’avance et est déterminé par un système de hasard (algorithme aléatoire) défini par l’éditeur du jeu.

Compétence : il s’agit d’une capacité ou aptitude fonctionnelle qui modifie les actions du joueur.

Skin : C’est un élément cosmétique dans un jeu vidéo qui modifie l’apparence visuelle d’un personnage, d’une arme, d’un véhicule, d’un objet ou d’un environnement sans en altérer les fonctionnalités ou les statistiques de jeu.

Un NFT au sein d’un jeu vidéo peut prendre la forme de compétences ou de skin et bien plus encore : personnage, équipement, terrain virtuel, véhicule ou monture, quête, mission, récompenses, trophée… Ces objets sont néanmoins des NFT sous certaines conditions : ils doivent être enregistrés sur une blockchain, uniques ou limités en quantité, monétisables et transférables.

Pourquoi les JONUM sont-ils addictifs ?

Les JONUM exploitent des mécanismes psychologiques puissants pour maintenir les joueurs accrochés :

  • L’illusion du jeu : intégré dans l’univers du jeu vidéo, les JONUM donnent l’impression de jouer, pas de parier. Pourtant, la composante hasard est omniprésente 
  • L’illusion de l’expertise : on a l’impression que plus on joue, plus on acquiert de l’expérience et des compétences et que cela augmente les chances de gagner
  • Accessibilité permanente : disponibles 24h/24 sur smartphone ou ordinateur, les JONUM permettent de jouer à l’abri des regards, renforçant ainsi le risque de perte de contrôle

Les JONUM activent une double dose de dopamine : celle du jeu et celle de l’argent.

Les signes qui doivent alerter

Les JONUM ne sont pas anodins. Voici les signes d’une pratique problématique :

  • Dépenses excessives : on dépense sans compter, parfois en cachant ces dépenses
  • Négligence : on délaisse ses obligations (travail, études, vie sociale) pour jouer
  • Stress ou anxiété : on devient irritable ou anxieux quand on ne peut pas jouer
  • Isolement : on se coupe de son entourage pour se consacrer aux JONUM.

Que dit la loi ?

En France, les JONUM sont encadrés par la loi pour limiter les risques :

  • Vérification d’identité : interdiction aux mineurs
  • Plafonds de dépenses : chaque joueur peut fixer ses propres limites (avec un délai pour les augmenter)
  • Limites de temps de jeu : pour éviter l’excès
  • Exclusion volontaire : possibilité de faire une pause forcée

Le problème ? Ces mesures reposent sur l’autodiscipline. Or, quand l’addiction s’installe, la volonté seule ne suffit plus.

Comment évaluer son rapport au jeu ?

L’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) propose un test anonyme et gratuit sur son site Evalujeu. En quelques minutes, vous pouvez mesurer votre rapport au jeu et identifier d’éventuels risques.

Faites-le test

Où trouver de l’aide ?

Le jeu doit rester un plaisir. Si vous sentez que les JONUM prennent trop de place dans votre vie, n’hésitez pas à demander de l’aide. Pour un premier contact et trouver une aide, la ligne d’écoute de Joueurs info service est à votre disposition 7j/7 de 8h à 2h au 09 74 75 13 13 (appel anonyme non surtaxé). Vous pouvez aussi partager votre expérience avec d’autres joueurs dans le forum pour les joueurs et trouver des conseils pour reprendre le contrôle ou vous arrêter de jouer.

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